Fin juin, c’était la finale du grand concours d’éloquence de La Châtaigneraie. Douze candidats ont réussi une performance étonnante, souvent émouvante.

Les douze candidats ont choisi d’aborder des sujets complexes tels que l’inceste, l’échec dans la société, les polluants éternels ou encore le syndrome de stress post-traumatique. Ces thématiques, qui leur tenaient à cœur, ont nécessité un important travail de recherche. Ils les ont ensuite présentées avec sincérité et aisance. Si certains se sont montrés plus à l’aise que d’autres, tous ont réussi à capter, voire à captiver, l’attention du public.
Le travail de toute une année
Leur enseignante, Estelle Si Ahmed, a suivi leurs performances avec attention. « Je suis leur professeur de Français, Histoire, Géographie. C’est la deuxième année que nous organisons ce concours. Toutes les classes de seconde du campus y participent, qu’il s’agisse des secondes générales, des Bac Pro ou des secondes techniques. C’est un projet en deux étapes. Tout d’abord, nous avons travaillé sur la presse pour développer leur esprit critique, leur apprendre à distinguer les arguments pertinents de ceux qui ne le sont pas, à évaluer la fiabilité des informations et à exprimer leur opinion. Nous leur avons également montré le concours de plaidoirie des lycéens, sur lequel ils ont travaillé en tant que jury, en interne. »
Une deuxième étape
Dans un second temps, les élèves ont participé à un atelier d’écriture pour rédiger un discours en classe. « Nous avons travaillé sur les arguments et la construction des textes, précise Estelle Si Ahmed. Les 140 élèves ont ensuite présenté leurs discours, et les 10 meilleurs – exceptionnellement 12 cette année – ont été sélectionnés pour participer au concours d’éloquence. C’est une expérience démocratique. Le thème est totalement libre, à condition de respecter la loi et la décence. On peut parler de tout, à condition de réfléchir de manière pacifique », explique l’enseignante.
Une expérience pour l’avenir
Ce concours d’éloquence a permis aux élèves de s’exercer à l’art de la prise de parole en public, une compétence essentielle pour leurs examens et futurs entretiens d’embauche. « Cela m’a également permis de découvrir des élèves qui n’avaient pas pris la parole de l’année », confie Estelle Si Ahmed. Parmi les lauréats, un jeune Ukrainien arrivé en France il y a quatre ans, sans maîtriser le français à l’époque, a particulièrement marqué les esprits. « Il a beaucoup travaillé et a réécrit son texte quatre fois », souligne l’enseignante. Ce travail lui a permis de poser sa voix, gérer son stress et captiver son auditoire.



♦ Résultats de la finale.
- 1ᵉʳ prix : Emma Elfassy, L’effacement des femmes de l’histoire.
- 2ᵉ Enzo Tebani, La place de l’échec dans la société.
- 3ᵉ Léo Chuette, L’industrie pharmaceutique et la santé.
- 4ᵉ Nina Richard, L’inceste.
Prix d’honneur du jury : Kyrylo Breslavetz, La réinsertion des soldats atteints de stress post-traumatique de retour du front.
Prix du public : Paul-Henri Diedhiou, L’immigration en France.
Source : Le bulletin de l’arrondissement de Rouen du 30 juin 2026


